L'art féroce d'Ensor est une danse macabre et satyrique, mettant en scène une humanité masquée et mesquine. Les formes et les couleurs de ses oeuvres me tordent le
ventre. Les crânes osseux semblent plus vivants que les vivants.
Ensor évolue durant sa tendre enfance parmi les chinoiseries , animaux empaillés et autres curiosités imposées par le noyau familial. Intrigué et terrorisé par ce
décor, James éprouve le besoin de peindre ce monde statique et coloré; tiré entre le dégout et la fascination, sa peinture devient peu à peu un carnaval malsain et absurde.
l'assasinat
Son art dérange, est classé à tort parmi les impressionistes. Ensor se fâche et se décide de plus en plus provoquant. Bien décidé à révolutionner le monde de l'art,
il devient sarcastique et tourne à l'absurde la société.
les masques scandalisés, 1883
Sa rebellion paie. Il est fait baron en 1929 par le roi Albert 1er... Sa peinture se fait remarquer, le succès est là. Mais
Ensor n'est jamais satisfait. Il refuse toute critique. Ses traits déguelent et chient sur l'humanité. Le baron fait son cirque, il tire son portrait parmi les masques clownesques où la mort
n'est jamais très loin. James Ensor se représente en peintre de plumes, mais aussi en squelette, en insecte, en Jésus crucifié...
les insectes singuliers, 1888
Le grand maître est narcissique, paranoïaque, tourmenté par des visions macabres et fantomatiques, il se donne un défi : créer à lui seul un mouvement
pictural. Refaire le monde.
Plus j'avance dans l'exposition, plus son oeuvre me plait, L'explosion des couleurs d'Ensor ravive mon envie de peindre en me moquant des conventions. Ensor me
redonne joie et courage à penser que l'académisme reste illusoire.
les cuisiniers
dangereux,
Grande mascarade humaine, où la merde et l'effroi se mèlent aisèment... Son art est sonore. Il en sort des rires glaçants, tels des hurlements nocturnes.
Ensor parvient ainsi à dénoncer une société hypocrite où la religion, la justice ne sont que jets de pisse. Grand théatre éternel, où l'animalité de l'homme se confronte aux limitesde la pensée
universelle.
Ensor, à découvrir au musée d'Orsay jusqu' au printemps 2010.
article en construction
J'illustre la dernière compilation éditée par la revue "la salamandre", post romantique magique, légerement satanique ...
des groupes comme laag, PUT, under all, heavenly creatures, nova et vetera,...
comment l'avoir ? offerte avec la revue (5 euros) :
www.myspace.com/la_salamandre
je divague et je songe
aux diables détacheurs
qui ne savent effacer
les traces du passé
Pour lesquelles j'irais gratter le sol de mes pieds, arrachant herbes folles et grimpantes
en criant garde aux méchants, je tendrais ma flamme aux regards assassins
ainsi faits, j'irais, triomphant vers l'autel aux verges d'or
Volatile nocturne
qui serre ma vie entre tes griffes
tu me tue
ton espieglerie m'enivre
et ton indifférence m'effraie
je me donne à ta nuit desastre
le coeur sanglant
je pleure
me noie en toi
je veux encore
mourir
dans tes yeux miroir et dorés
Humeur à couper
Ton heure a sonné
ce jeu est terminé
Ame glacée
ma lame d'acier
est chauffée
à blanc pour toi
Toi qui vis qui je suis
gisante et froide
carcasse béante de vers
je sais qui je vais
manger
Chair tendre et rosée des toutes mes envies
Mon phallus
pour toi je vais
à quatre pattes
disséquer ton petit corps écarlate
et m'offrir un festin cannibale
pour ensuite mettre à nu mes entrailles
pour te rejoindre
mon phallus
Dans les ténèbres,
pour toujours nous ferons l'amour
dans le sang menthe
de la joyeuse pluie rouge du monde
(...)
peinture et texte : Cendre
je tremble et tombe
de transe en transe
vers mon devenir
l'issue en
tombe en tombe
je vis
m'écroule
de spasme en spasme
mon pinceau se trempe de ma salive
et je tombe en transe
je me trompe et vois
encore de moi
le rire
aux éclats
(...) une en porcelaine. Elle se mettait à hurler dès que je l'approchais. Cette poupée
inaccesible me terrifiait autant qu'elle m'attirait. Les poupées de Virginie Ropars, revenues tout droit des tréfonds de sa terre
fantastique, nous offre le rêve mélé aux cauchemars.
le site de Ropars
Sur le quai, un bébé fait résonner ses pleurs; musique étrange et angoissante. Au loin, les rails crissent.
Le long serpent s'approche faisant s'affoler les souris. transport en commun : aucune expression, le vide total. Soumission. Je penêtre dans le tube humain, la saucisse de chair béante et
transpirante de foule étouffante. Pénible folie.
A la dernière station, un claquement dorsal telle une gifle, me sort de mes pensées.
Je descends la rame. La rue. Je sens des regards appuyés sur moi, insistants et lourds. Je suis mal à l'aise. Beaucoup d'hommes seuls trainent dans les
rues durant l'été. Ne se génant pas pour m'aborder. Surtout quand je cherche l'isolement sur un banc ou dans un square.
Le malheur
m'envahi.
Texte : Cendre, 2008
illustration : extrait de la femme piège, Enki Bilal
lien
Une rupture
avec mon passé
ma vie amoureuse
ma passion
mon job
un raz de marée orgasmiques douloureux
remplaçant la fusion brûlante des corps qui se désirent
Une rupture avec mon ambition et mon courage
Une rupture d'une vie, d'une existance
sur le dos un passé pesant trop
Une rupture avec
les animaux
le ciel
le temps
la mort et la lune
Une rupture tel un combat perdu
où tant d'amour, de sang et de temps ont été versés
Je ne suis qu'une femme cauchemar
Theda Bara, 1920
Mon royaume est une chambre froide, ouverte et sans fond.
Les clefs sur la porte mi-close m'éponge la peau du crâne fendu.
Il est sorti en pleine nuit, me laissant à mon sommeil. Ma bouche saigne un liquide chaud et épais. Une rivière de sang bientôt envahi mon royaume de métal. Je saigne, je coule. J'ai peur. Les
filets de mes veines n'en finissent plus de gicler de ma bouche. Encore et encore. A flots. Tout ce sang ! Est-ce à moi ? Epaisseur liquide, je me vide. Mon royaume éclate se transforme en un
espace rouge violent.
La porte sans fond se referme...il est là. Il est revenu. La bite à la main, déchirée et recouverte d'un boyau rose industriel.
-D'où viens-tu ?
Je m'ouvre à lui. Mes cuisses sont laiteuses et bleues. Mes dents sont colorées par le sang qui continue de verser en dehors de moi. Je suis angoissée et à présent j'hurle en déchirure.
-D'où viens-tu ?
Je serre son sexe fortement entre mes cuisses, montrant son sexe abimé.
-C'est un oubli impossible de l'avoir retiré ! Je ne sais plus.
Il m'affirme de ne pas être sorti de la chambre.
-Non, c'est faux. Tu es sorti pendant que je dormais. Je l'ai senti. Qui as-tu vu ? Quelle est la chair que tu as pénétrée ?
-Non !
-Si, regarde ! Tu as craqué ta capote ! Elle te coupe l'organe. Il est bleu. Regarde ! Violacée de panique, le sang coule. Ma voix s'enlise en caverne. La chambre froide s'ouvre désormais
complètement.
Un homme en tablier blanc nous fixe tous les deux. S'adresse à nous en riant :
Un filet bien tendre madame Salence ? J'ai là un morceau de choix. Vous allez m'en dire des nouvelles !
Mes yeux écarquillés aperçoivent nos corps se balançant dans le vide. Deux crochets métal crissent au dessus de nos têtes...
tout n'est qu'illusion
tout n'est que farces et attrapes et moi la dinde...
Quatre de mes peintures illustre le numéro 10 de la revue gothique et littéraire "La Salamandre". C'est un recueil de poèmes de 76 pages, d'histoires et de nouvelles de grands écrivains réalisée
par l'illuminé Marc-Louis Questin. La couverture : Akiza.
Au sommaire, entre autres, figurent des écrivains qui sont chers à mon esprit depuis des années :
Claude Seignolle
Philippe Pissier
Tantale
Marc-Louis Questin
Diana Orlow
Jean Rollin
Aleister Crowley
(...)
Les trois autres peintures de Cendre qui figurent dans la Salamandre n°10 :
La revue est aussi complétée par un CD inédit de 15 titres. Musique completement dingue !
Pour vous procurer la Salamandre n°10 :
Sur papier libre, indiquez vos coordonées complètes comme ci-dessous, accompagnés de votre règlement par chèque de 20 euros (
ou 5 euros pour un numéro+1CD):
OUI, je désire m'abonner pour un an à la revue la Salamandre (4 numéros + 4 CD) OU
5 euros (1 numéro + 1CD)
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A renvoyer par courrier aux :
Editions Eleusis
86 bis, rue Riquet
75018 Paris
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la salamandre
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