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2006-2012 - textes, photographies, peintures,  vidéos, expos

Mado

Publié le 30 Juin 2006 par cendre in textes et peintures

L’internat de l’être

 

Mado

 

Nous sommes en 2050. La terre étouffe. Elle est surpeuplée. La cryogénie est à la mode. Les guerres éclatent de partout. Les hommes souffrent et sont malades. La monnaie n’existe plus. Un vulgaire roi, nommé Moi 1er, cloné, gouverne à lui seul la planète. Il est constamment shooté aux drogues les plus chimiquement élaborées et ne fait plus face aux conflits. Il ne souhaite qu’une chose : être out pour s’évader sur Satinia. Là bas, il y a des femmes ailées, de l’oxygène et de l’eau pure. Mado, créature terrienne survivante, se nourrie d’essence d’hommes encore purs…

 

Le meilleur moyen d’enfermer les gens avec leur consentement, c’est un monde virtuel dans ils sont des prisonniers consentants. Le surplus est ainsi évité, la place est dégagée pour ceux qui ont encore le courage d’affronter un semblant de vie sur terre.

 

Les hommes obtiennent l’orgasme en abusant de filles virtuelles. Les femmes ne touchent plus les hommes depuis bien longtemps, c’est interdit, trop dangereux, du fait d’une épidémie grandissante. Ils ne se reproduisent plus et achètent leurs enfants sur catalogue à prix moindres. On ne connait pas le laboratoire où sont fabriqués les embryons, ni dans quelles conditions.

 

Dans un monde où tous sont internés passivement, survit dans l’ombre Mado...

 


Elle vit dans un monde parallèle et fantasmagorique dans lequel elle pourrait s’entourer exclusivement de males. Elle aime les hommes, les mangent, les sucent, les violentent et les tuent. Mante religieuse ne croyant qu’au sexe et au foutre. Mado est folle et définitivement dangereuse. Elle est la beauté du diable incarnée. Sa silhouette longue et fine ressemble à une lame de couteau. Son visage est creux, ses yeux sont cristallins et ses cheveux sont bleus, très fins, d’une longueur interminable. Son corps flotte dans les airs se terminant par de longues mains aux doigts d’une extrême finesse. Sa voix est grave presque rauque. Elle ne porte que des tuniques argentées, miroir, comme une seconde peau. Un médaillon large et épais, représentant une tête de chouette en acier blanc lui cache son cou ; au niveau de la tranchée, la serre.

Ce soir, elle se veut chasseuse. A la recherche d’un male égaré, stupide et attirant. Mado à la tombée de la nuit, se glisse dans les rues les plus étroites de la vieille ville, camouflée par une cape violine à large capuche. Ses yeux brillent dans l’obscurité. Son souffle se fait de plus en plus court, son cœur bat au ralenti. Une brume légère, chaude, se dégage de son corps. Sa cible est maintenant repérée. Elle s’arrête devant lui, lui barre le chemin. Elle esquive un sourire pâle qui le laisse subjugué par tant de beauté. Quelques minutes plus tard, l’homme se retrouve enchaîné au pied du lit de Mado. Elle a la chatte rasée, elle l’écarte doucement. Nuage rose à faire frémir la voie lactée toute entière. Sa proie, désemparée et excitée comme jamais ne l’a été, se met à lécher du mieux qu’il peut le con. Les draps s’humidifient, la queue du mâle est toute droite, prête à gicler. Mado lui sourit d’un air cinglé et incline sa tête et se met à ramper sur le ventre. Sa langue, totalement déliée du filet de chair la retenant de la mâchoire supérieure est démesurément longue et pointue. Elle s’avance lentement vers le membre droit et nerveux de l’homme. Puis, d’un hochement de tête, Mado engloutie la queue du magnifique, qui lui, à les yeux retournés dans ses orbites oculaires. C’est le blanc. Puis, le trou noir. Mado serre le membre entre ses dents et l’avale de toute sa gorge. Lève la tête. Son rire grave se fait entendre. Puis, un cri aigu et saccadé déchire le ciel. Le cœur du malheureux a lâché.

 

Mado emporte le cadavre en érection et encore chaud dans son antre, refuge au décor baroque et sombre, où elle met en œuvre des incantations secrètes pour Moloch.

Oh Moloch tout puissant ! Je te confie ce fou. Son cœur est pur et son foutre est sucré. Emporte-le dans tes ténèbres, loin de ce monde virtuel et froid. Fais-lui connaître les véritables plaisirs de la chair, déchires-le, broies-le, suces-le. Et rends-moi son essence. Je la veux. J’ai soif Moloch ! Emplies une fiole de son fluide, concentré de lui et rapportes-la moi. Vite ! Je ne peux attendre davantage.

Et c'est dans un déchirement insonore que les murs de la pièce disparaissent. Laissant place à Moloch, dieu des jeunes morts.

 

Mado est en transe…Moloch se régale…exécute les ordres de la divine. .

 


(...) en construction

 


L'aube pointe. Les rues désertée en cette nuit de sacrifice se remplissent d'hommes et de femmes blanchis de leur âme.

Les écrans se propagent et s'éclairent au fur et à mesure des aiguilles du temps. Les heures sont trafiquées. Le temps passe plus vite, faisant croire à une longévité grâce à des pilules remplies de protéines d'insectes broyés provenant d'une vaste vallée équivalent au continent asiatique aujourd'hui enseveli sous les eaux. L'extraction des os et leur broyage industriel procure force et résistance.

Mado se lèche pour nettoyer sa peau encore imprimée d'une odeur acier de sang. Ses jambes souples se tirent et s'allongent tel un félin en plein délire. Persuasive femelle et assassine. Mado tient fermement sa fiole entre ses mains. Jettée à présent dans les rues encore vierges de strass publicitaires, distributeur de rêves, elle se dirige vers une boutique alimentaire. Préocupée par sa faim grandissante, la chère mante religieuse se procure  les insectes entiers. Passe l'angle pour se rendre dans une bijouterie ase procurer de l'ambre. Nous sommes un samedi.

à suivre...

bougies violettes et encens de couleur semblable ambre/encens, incantation pour voyager dans les rêves et se souvenir...mémoire

dernière boutique, noire, c'est là que le vidage des corps s'opère. La fiole intacte d'un verre pur etc