Abesses, Pigalle, Blanche...
Blanches nuits. Trottoirs crasseux.
Catins à l'envers du décor.
Je me réveille.
Mon quartier à la migraine...
Mais je l'aime ce berceau de mon
inhumanité !
J’ai gagné une vie
J’étais saoul,
Je l’ai donnée
A un chat de gouttière
Avec un manteau d’aigle…
J’ai gagné une vie
Une vie de fou
Et je l’ai brisée
à grand coups de fièvre
Photo : Louis Bourjac/ Pierre Carré aux Noctambules, dit "Pierrot"
Texte : Nicolas Fretel
http://www.fretel.net
Assez ! Je me retire... rentre chez moi. Me glisser dans mon petit rocher. Me cacher et dormir un peu. Ne me cherchez pas. Mon rocher, il est pas beau. Puis il vous faudra grimper les hauteurs, prendre le virage Lepic et survoler l'allée des brouillards. Mais si vous ouvrez votre oeil central, vous pourrez me voir. Mais surtout, soyez discrets et ne me réveillez pas !... Sinon, vous pourrez faire une de ces rencontres peu souhaitables.
Entre 1880 et 1914, Montmartre était le lieux de tous les délires archictecturaux. Je pense aux cabarets "Le Ciel et l'Enfer" avec ses
deux portes monumentales sculptées, celle de l'enfer composée d'une gueule immense dans laquelle on s'engouffrait. En face, "Le Néant", fondé en 1892 par Dorville au 34 boulevard de
Clichy. Les tables étaient des cercueils, éclairés par la lueur de bougies enfoncées dans des crânes.
Et puis,
A coté du Moulin Rouge, un énorme éléphant de stuc abritait un orchestre dédié à la danse du ventre, mais aussi une tour gothique déguisée en château de Blanche neige ...
Edgar Degas, 1890
![]() Caricature d'Edouard 7 au Chabanais |
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En 1938, le One-Two-Two était la maison-close la plus célèbre de Paris. La plus "frou-frou".
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Le bar des Folies-Bergère, également un des hauts lieux de l'amour vénal...
Toulouse Lautrec, pensionnaire au Salon de la rue des Moulins.
Le lit de la Païva, dans la maison-close 6 rue des Moulins
La découverte de Montmartre transforme Toulouse-Lautrec. Dès 1886, il consacre tout son talent à la peinture de ce microcosme dont les hauts lieux sont le Moulin Rouge, le Moulin de la Galette ou le Mirliton. Il en devient l'un des principaux acteurs et le témoin, crayons, pinceaux et (... ) à la main. Parmi tout ce "petit monde", Lautrec évolue comme un poisson dans l'eau que seul l'alcool retiendra dans ses filets.
J'aime visiter les appartements et ateliers d'artistes décédés... S'ouvrir l'âme, déployer ses antennes et sentir. Toucher les pierres, les poignées de fenêtres, le bois des rampes d'escaliers, le parquet qui craque... Une atmosphère lourde, étouffante parfois, mais également paisible, sereine et régénératrice règne chez les morts vivants, comme Victor Hugo, Place des Vosges ou encore (mon préféré) Gustave Moreau, rue de la Rochefoucauld à Paris.
Il y a au coeur de Pigalle une maison habitée pour ne pas dire hantée dans l'impasse jadis la plus pittoresque de Paris et qui a gardé
bien du charme. Je veux parler de l'impasse Frochot. C'est une impasse qui serpente depuis la place Pigalle jusqu'à la rue Victor Massé.
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